Mais d’où vient cette incroyable idée de vouloir s’installer en Australie ?

On dit souvent que la vie est une suite de choix. Parfois évidents, parfois insoupçonnés. Notre installation en Australie ne fait pas exception à cette règle. Pourtant, si on nous avait demandé il y a quelques années si nous allions un jour poser définitivement nos valises ici, nous aurions probablement répondu par un sourire amusé, suivi d’un « non mais enfin, soyons sérieux ».

Parce que partir en Australie, c’était un rêve. Un rêve un peu flou, fait de clichés de plages infinies, de kangourous bondissant au coucher du soleil, et d’une vie où le soleil brille toujours un peu plus fort. Un rêve qui, pour être honnête, ne me concernait pas tant que ça au départ. C’était le rêve de Jolan.

Quand tout commence par une idée… qui n’est pas la mienne

L’Australie, c’est lui qui l’a découverte en premier. Pendant que je terminais mes études – ce qui, pour moi, était une priorité absolue – Jolan est parti, un an avant moi, avec l’un de ses meilleurs amis. Un road trip entre potes, une aventure entre inséparables, une année à parcourir ce vaste territoire que nous ne connaissions alors que sur papier glacé. Moi, pendant ce temps-là, je terminais mon master. Parce que mon métier, c’est ma passion, et qu’il était hors de question de mettre de côté ce qui me tenait tant à cœur.

Mais bien sûr, je suis venue le voir. Quelques semaines passées en Australie, à l’accompagner dans son périple, à vivre ce pays à travers ses yeux. Et c’était incroyable. Les paysages, la liberté, cette impression que tout est plus grand, plus intense, plus simple aussi. Ce fut un premier contact, un avant-goût de quelque chose que je ne comprenais pas encore totalement.

Puis Jolan est rentré. Et avec lui, cette idée qui n’allait plus jamais nous quitter.

Premier départ à deux : un PVT et une année hors du temps

Nous sommes repartis ensemble. Moi pour ma première année de PVT, lui avec déjà une année d’expérience australienne derrière lui.

Et ce fut une autre aventure. Parce que voyager avec un ami d’enfance, qu’on connaît depuis vingt ans, c’est une chose. Mais voyager en couple, c’en est une autre.

L’Australie s’est offerte à nous sous un angle nouveau. Road trips infinis, bivouacs sous les étoiles, moments d’émerveillement face à l’immensité du pays… mais aussi ses galères. Et elles n’ont pas tardé à arriver.

Puis est venu la pandémie.

Nous étions en plein road trip lorsque le monde entier s’est arrêté. Nous nous sommes retrouvés bloqués dans le Victoria, à travailler près de neuf mois dans les vignobles. À l’époque, nous ne le savions pas encore, mais cette parenthèse imposée allait tout changer.

Car c’est là, entre les rangées de vignes, à vivre dans un quotidien que nous n’aurions jamais imaginé, que Jolan a eu une prise de conscience : il voulait vivre en Australie. Définitivement.

Moi ? À ce moment-là, c’était absolument impensable.

Le retour en France : un semblant d’évidence

Nous sommes rentrés. J’avais fait deux ans en Australie, Jolan trois. Et en rentrant en France, nous étions convaincus d’une chose : nous allions nous réinstaller ici, reprendre nos carrières respectives et avancer.

L’Australie ? Un magnifique souvenir, une période extraordinaire, mais une parenthèse désormais refermée.

Et puis…

Petit à petit, des signes ont commencé à apparaître.

Jolan, lui, savait depuis longtemps qu’il voulait repartir. Mais il ne me l’a jamais imposé, il m’a laissé le temps. Parce qu’au fond, il savait que j’avais besoin de comprendre par moi-même.

Et moi, j’ai résisté. Parce que je voulais travailler en France. Parce que mon métier est ma vocation. Mais au fil des mois, j’ai découvert la face plus sombre de ma profession en France : les difficultés, les conditions de travail, les compromis imposés.

Et à chaque fois que l’on parlait de l’Australie, que l’on regardait des photos, des vidéos, une vague d’émotions m’envahissait. Ce n’était pas juste de la nostalgie. C’était un manque.

Alors j’ai commencé à me poser les vraies questions.

Et si c’était l’Australie, et pas juste « ailleurs » ?

Nous avons envisagé d’autres options. Le Canada semblait plus logique, plus accessible, plus proche.

Mais très vite, nous avons compris que c’était une illusion. Ce n’était pas simplement une envie de partir de France. C’était une envie de revenir en Australie. Et ça, c’est complètement différent.

Une fois cette évidence acceptée, il a fallu se confronter à la réalité. Nous avions utilisé tous nos visas vacances-travail. Revenir en Australie allait être un vrai défi.

S’en est suivie une longue période de recherches, de réflexions, de stratégies. Nous avons travaillé pendant un an et demi sur notre retour. Jusqu’au jour où, enfin, tout était en place.

Et nous avons pris cet avion. De retour chez nous.

Revenir… et redécouvrir l’Australie autrement

Nous sommes arrivés à Melbourne. Par choix, mais surtout par nécessité. C’était plus simple pour nos démarches de visa, et la quarantaine de notre chien nous imposait cette destination.

Et ironie du sort : Melbourne, c’était la ville que nous avions le moins aimée lors de nos précédents voyages.

Et pourtant, contre toute attente, nous nous y sommes sentis incroyablement bien.

Nous avons construit une routine, une stabilité. Aujourd’hui, nous sommes heureux ici, plus que nous ne l’aurions imaginé. Bien sûr, nous rêvons encore d’aller vivre ailleurs en Australie un jour, mais pour l’instant, nous savourons chaque jour notre vie à Melbourne.

Une vie entre deux mondes, mais un cœur bien ancré

Tout n’est pas parfait. Nos carrières sont encore en transition.

Jolan explore d’autres horizons professionnels, et moi, je suis plongée dans le long parcours de reconnaissance de mon diplôme de neuropsychologue. C’est une route semée d’embûches, mais jamais je ne renoncerai à exercer mon métier ici. En attendant, je travaille dans divers domaines, autant de jobs que j’adore et dans lesquels je m’épanouis, même si mon métier me manque.

Mais ce qui aurait pu être une frustration, je l’ai transformé en force. Cela fait plus d’un an que nous sommes ici, et malgré tout, nous sommes plus heureux que jamais.

L’Australie nous comble au-delà de nos attentes. C’est un équilibre que nous avons mis du temps à trouver, une sérénité que nous n’aurions jamais cru possible.

Parce qu’au final, ce n’était pas juste une idée folle. C’était une évidence qui a mis du temps à s’imposer.

Et aujourd’hui, en regardant en arrière, on sait que c’était la meilleure décision de notre vie.

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